Une passion amoureuse peut-elle défier et le temps et l’espace ?
Dans les années 1990, une femme proche de la cinquantaine quitte la France pour Tahiti, pensant fuir une vie qui ne lui convient plus. Mais c’est là-bas, à des milliers de kilomètres, qu’elle découvre son attirance pour un homme resté en France : un ami de longue date, plus jeune qu’elle de vingt ans, dont les silences et les rares présences emplissent son esprit.

Un amour impossible, car il rêve de paternité et de fonder une famille, elle doit faire le deuil de la maternité, un amour auquel elle s’interdit de penser.
Lors d’un retour en France, leur relation, va prendre une allure passionnelle alors que leurs corps vont se rapprocher avec une fougue qu’elle ne soupçonnait pas, entre désir et nostalgie, entre présence et absence.
Peu à peu s’installent entre eux des rencontres charnelles intenses lors de ses voyages, entrecoupées de longues conversations échangées à distance,
Entre deux continents, leur relation se tisse dans l’attente, les retours furtifs, les corps qui se retrouvent et se quittent, les mots échangés comme des bribes d’une langue secrète.
 Au loin, une passion est le récit d’un amour qui défie la distance et le temps, une histoire où l’absence devient le lieu même de la rencontre.  J’ai voulu y explorer la fulgurance du désir, la mélancolie des séparations, et cette étrange alchimie où le manque se transforme en plénitude. Entre les lagons turquoise de Polynésie et les souvenirs provençaux, j’ai voulu interroger : peut-on aimer sans posséder ? Peut-on exister pleinement dans l’intervalle ?

Ce roman est une ode aux amours qui ne s’accomplissent vraiment que dans la mémoire et l’écriture.
Il ne suffit pas de vivre, il faut s’en souvenir et le raconter écrit François Chung ; Une prose où chaque détail – une chanson de Brassens, un film de Wong Kar-Wai, l’odeur du tiaré – devient le symbole d’un désir sans cesse renouvelé.

Un style d’écriture  plutôt poétique, fluide et nostalgique.

Extraits

Je n’aime pas les îles, les rêves s’y enfuient, et sûrement l’ennui est né là-bas dans un atoll perdu, aux langueurs assoupies. Et pourtant, je suis partie un soir, pour une île lointaine dont je ne savais rien. Et je ne savais rien de toi, rien de moi, et ce « nous » n’avait aucune consistance, comme c’est le cas aujourd’hui encore…

Durant ces années-là, les années 1990, une passion intense s’est emparée de moi, une passion qui s’est étirée dans le temps et l’espace, entre rêverie et réalité, entre absence et rencontres ardentes, entre attente et effervescence, entre plaisir et tourment, une passion que tu ne soupçonnes pas. Un emballement qui m’a saisi subitement un jour où je ne me suis doutée de rien. Je croyais toujours tout contrôler dans ma vie, surtout mes sentiments, mais non, tu es entré dans ma vie, à l’improviste.
Tu fais partie de ces présences bénéfiques qui réveillent en vous des désirs assoupis, des désirs magnifiques, trop longtemps attendus et sombrés dans l’oubli.
Alors ma vie a changé, un voile soudain s’est déchiré, mon existence est devenue plus pleine, plus intense, le temps s’est arrêté, les jours se sont écoulés et j’ai attendu.
J’ai attendu. Tout était tendu vers ce moment, cet instant où je te reverrai, où ton regard se posera sur moi, où tu jetteras en vrac tes vêtements à terre, où je lirai dans tes mains la hâte, la fébrilité, la douceur de tes caresses, dans ce corps à corps fiévreux, promesse de bonheur indicible.

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